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- Chapitre 2 -.Werewolf In Love - The Dodoz

- Chapitre 2 -.Werewolf In Love - The Dodoz
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___June, qui était particulièrement douée pour danser, tourna autour de quelques garçons, mais en restant toujours près Delilah. Cette dernière se fit aborder par un homme plus âgé qu'elle. Beaucoup plus âgé. Presque quarante ans. Il se rapprocha peu à peu alors qu'elle s'éloignait. Elle n'en avait rien à foutre de lui. Pourquoi persistait-il à vouloir se coller à elle ? La rousse remarqua son amie qui était en train de s'éloigner, s'écarta subitement des garçons avec qui elle dansait et se positionna près de la brune. June s'adressa à elle :

- Viens danser avec moi, et laisse ce gars.
- Avec grand plaisir June, il m'énerve !

___Les deux amies s'éloignèrent plus au centre de la piste et commencèrent à danser entre elles. La robe noire de Delilah bougeait au rythme de ses balancements de bassins. Quelques hommes se placèrent autour d'elles et les regardèrent bouches bée. Les lumières s'étalaient en rayons brillants sur les deux filles et les mettaient en valeur. Leur danse devenait peu à peu plus sensuelle et June prenait confiance. Elle avait toujours était derrière Delilah, et le vivait parfois mal. Mais ce soir, elle profitait de cet instant où tous les yeux se tournaient vers elles. La brune se mit dos à son amie et commença à descendre avec volupté contre June. Quand elle remonta, elle s'aperçut que tous les observaient maintenant. Les femmes semblaient septiques ou jalouses ; les hommes avaient cet air de manque intense et ouvraient de grands yeux. Quelques uns tentèrent de s'approcher des deux filles, mais ces dernières les repoussèrent vite. Elles monopolisaient l'attention ; elles aimaient ça.
___Au bout de deux minutes, la foule se brisa soudainement et laissa apparaître le petit ami de Delilah, furieux. Elles stoppèrent alors leur danse et dévisagèrent Evan qui tenait dans sa main droite un appareil photo numérique. Il le lança brutalement sur le sol et celui-ci se démantela sous le choc. Il commença à pousser violemment un homme assez petit, qui tomba brutalement. June ne comprenait pas ce qui se passait. Delilah, si. L'homme avait prit des photos d'elles en train de danser. Evan n'avait sûrement pas voulu que ces photos soient publiées. Elle s'avança rapidement vers les deux autres qui se battaient à présent. Evan, qui était beaucoup plus fort, avait évidemment le dessus. Elle saisit son bras, et il s'arrêta net, tournant son beau visage déformé par la fureur vers elle. Elle le regarda, il lâcha l'autre, qui s'écroula par terre. Quelques flashs vinrent subitement réveiller leurs pupilles. Tout s'enchaîna très rapidement. La fuite, leurs pas précipités, la musique qui se stoppa, les cris de toutes les personnes présentes dans la salle, la sortie qu'ils empruntèrent tous les trois, la montée dans la limousine. Delilah le regardait d'un air dégoûté.

- Qu'est-ce qu'il t'a prit de te battre avec cet homme ?!
- Il prenait des photos de vous deux en train de danser érotiquement, cracha-t-il, en pointant les deux amies du doigt.
- Erotiquement ? Tu te fous de moi ?! rétorqua sa petite amie.
- Non, pas du tout ! Maintenant que tu es célèbre, Lee, il faudrait que tu fasses plus attention !
- Tu es jaloux. Et je fais ce qu'il me plaît, assura-t-elle.
- Tu verras, fais ça encore une fois, et tu es foutue !
- Possible, dit-elle, le visage neutre. Tu ne m'as pas contredit, quand j'ai dit que tu étais jaloux, remarqua-t-elle.

___Evan ne répondit rien, et détourna son regard de celle qu'il aimait tant. Elle, elle souriait à son amie.
___June était rentrée chez elle. Seule. Le chauffeur avait raccompagné les deux autres devant leur grand immeuble sombre. Glacial. Comme d'habitude, il avait prit l'ascenseur, et avait soupiré en voyant Delilah monter les seize étages. Mais arrivé en haut, il ne l'avait pas attendue comme il le faisait en temps normal. Il était rentré et avait refermé la porte de leur appartement derrière lui. Il s'était déshabillé, restant simplement en boxer, avant de s'allonger dans son lit. Sa Lee était vraiment dure à contrôler. Comme le temps, qui passait trop vite à son goût. Dans quelques temps, il ne serait plus bon qu'à faire de petits feuilletons télévisés, il serait trop vieux. Alors que Delilah, elle, serait au point culminant de sa carrière. Belle, admirée de tous, riche, célèbre. Elle ne voudrait sûrement plus de lui. Mais malgré ces douze années d'écart entre eux, il l'aimait. Oh oui, il l'aimait. Elle était tout pour lui. Il aimait son intelligence, sa beauté, sa voix, ses traits fins, son caractère. Insaisissable. Incompréhensible. Agissant comme elle le voulait, à chaque fois. Mystérieuse. Et puis, il se rappelait. Quand il l'avait trouvée, seule, devant la maison de ses parents, discutant avec quelques personnes plus âgées qu'elle. Il était tout de suite tombé sous son charme. Elle en imposait. Même à treize ans. Elle éclipsait tous les autres, on ne voyait qu'elle. Il avait attendu. Attendu qu'elle rentre chez elle. Puis il avait suivit le plus âgé des garçons, et l'avait interpellé. « Qui-est-ce, cette fille, avec qui vous discutiez » avait-il demandé. Le jeune homme, qui devait avoir dix-sept ans, lui avait répondu qu'elle s'appelait Delilah. Qu'elle aimait la fête. Qu'elle aimait être remarquée. Que personne ne la connaissait réellement. Que tous les garçons voulaient se la faire. Qu'elle avait sauté quatre classes. Qu'elle ne ressemblait à aucune autre. Qu'elle n'avait aucun vrai ami, ni amie. Mais que celle qui la connaissait le mieux, c'était quand même une certaine June, une rousse. Que cette fille, elle avait trois ans de plus que Delilah. Mais surtout, il lui avait dit qu'elle était fugace, insolente, renfermée, impénétrable, étrange. Exceptionnelle. Il avait dit ça comme s'il s'était trouvé dans une sorte de transe.
Un discret bruit de porte le tira de ses pensées, et lui indiqua qu'elle était rentrée. Elle. Son c½ur se mit à battre plus vite. Allait-elle le rejoindre, malgré ce qui s'était passé ce soir, le jour même de son anniversaire ?
___Non. Elle déposa son manteau, et se déshabilla à son tour. Delilah dénicha une fine couette dans un tiroir. Il ne faisait pas vraiment froid. Avril avait laissé la chaleur se faire un peu de place. Il faisait plutôt bon. Alors elle entrouvrit la fenêtre, et se coucha sur le canapé, dans le salon, s'enroulant dans la couverture. Pourquoi Evan voulait-il sans arrêt tout contrôler ? Pourquoi s'immisçait-il sans cesse dans sa vie ? Pourquoi ne la laissait-il pas tranquille ? Elle se retourna, observant l'ombre des plantes du balcon s'agiter sur le mur gris du séjour. Delilah ferma les yeux, fatiguée. Elle n'était pas souvent fatiguée, non. Mais aujourd'hui, elle ressentait comme une brèche se creuser peu à peu en elle, l'affaiblissant. Elle soupira. Cela faisait cinq ans qu'il l'aidait. Il l'avait révélée au monde du cinéma, elle aussi. Dès ses débuts, beaucoup de réalisateurs l'avait remarquée, l'avait qualifiée d' « unique », d' « exception » et de « prodigieuse ». C'est vrai que jouer la comédie, c'est ce qu'elle savait le mieux faire. Mentir à tout le monde, les tromper. Se mentir. Se tromper. S'oublier...
___Seule. Assise dans cette cabine d'une grande roue. Elle tourne, doucement. L'emmenant vers les astres aveuglant. Elle monte vers le ciel étoilé, approche du point culminant. La machine s'arrête. Le monde se tait soudain. Dans un murmure, les étoiles s'entrechoquent et elle écoute ce bruit. Seule, comme d'habitude. Il n'y a plus personne à terre. Ces petites fourmis se sont envolées. Vers un monde d'enfer. Seule. En haut des autres, en haut de tout. Elle domine le monde. Elle domine la nuit. Et ce cri lui revient, écorche son âme. Sa tête se fend en deux. Elle n'en peut plus. Pourquoi ce cri ne cesse-t-il pas ? Le temps se gèle. Devant elle. Autour d'elle. Elle n'est plus là. Elle est là-bas. Avec lui. Avec ce cri. Les larmes l'inondent. Le présent s'écroule. Son corps bouge, s'étire une dernière fois. Puis saute.
Elle se sent partir en haut. Le murmure des étoiles se rapproche. Mais si elle a sauté, elle devrait rejoindre la terre, non ? Mais elle monte, doucement. Que cesse ce cri. Elle est à blâmer, elle le sait. Elle demande pardon. Que cesse son cri. Mais il est trop tard pour s'excuser, elle le sait. Que cesse son cri. Et dans une dernière danse, son corps part s'accrocher au milieu de cette toile scintillante. Les étoiles transpercent son c½ur, achèvent ce cri.
___Delilah sursauta, se réveillant. Les gouttes de sueur perlaient le long de son échine. Elle les sentait. Elle entendait encore ce cri, son cri. Une larme coula le long de sa joue droite, la brûlant. De son index, elle la fit disparaître, tel un mauvais rêve. Cela faisait plus de six ans que ces mêmes images la traversaient plusieurs fois par an. Ce ciel, cette grande roue, ces étoiles, ce cri. Son cri. Elle souffla, épuisée. Cela ne cesserait jamais. Elle se rallongea doucement, puis ferma les yeux. Elle l'entendait encore, comme un écho.
___Et elle revoyait le sang.



______________________________Spéculation .







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# Posté le mercredi 23 janvier 2008 12:18

Modifié le vendredi 03 juillet 2009 05:26

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