Ils se retournent sur son passage, beauté insolente .

 Ils se retournent sur son passage, beauté insolente .
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Après des mois d'arrêt, je vais recommencer.













Tout le monde la connaît.

Elle vit de beauté, de luxe, de succès.
Delilah . Elle a tout, elle n'a rien.
Ils l'admirent, l'observent et l'envient.


Elle a préféré taire les ombres sanglantes et vivre malgré les souvenirs.
Une vie de mensonges.
Personne ne la connaît, Delilah.

Elle est devenue ce qu'elle détestait le plus...












Pour être prévenu de l'arrivée d'un chapitre,
entrez cette adresse :
HeyxDelilah@hotmail.fr





En espérant que ça vous plaise.





Je suis inscrite ici.



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# Posté le lundi 07 janvier 2008 14:17
Modifié le mercredi 10 juin 2009 11:36

Prologue . . Sunday Bloody Sunday (live) - U2

Prologue .  .      Sunday Bloody Sunday (live) - U2
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Toutes les photos sont de moi .
Merci de respecter.
=)




Voilà pour vous, un avant - goût .






___Il faisait nuit. La neige était tombée. Elle était là, debout sur un trottoir de cette ville immense. Eux, ils la regardaient, ils l'observaient ; s'arrêtant devant cette fille, seule, qui attendait quelque chose, ou quelqu'un peut-être. Cette fille aux cheveux aussi noirs que la nuit elle-même, cette fille à la beauté sidérante et insolente, cette fille qu'ils ne connaissaient qu'en photographies. Ils l'avaient vue, souvent, mais pas d'aussi près, pas en vrai. Ils savaient beaucoup de choses sur elle ; elle ne savait même pas qu'ils existaient avant cet instant. L'un, donnant un coup de coude à un autre, lui souffla quelques mots dans l'oreille, puis aux deux autres. Ils s'approchèrent silencieusement d'elle, puis le premier attrapa son bras. Elle fit volte-face, et souri. Eux aussi, ils devaient savoir qui elle était. Sûrement. Il descendit sa main au niveau de sa hanche, puis lui souffla au creux de son oreille une bribe de phrases. Des mots charmeurs, des mots choisis avec précision. Elle avait l'habitude de se faire aborder, maintenant. En un instant, elle se débarrassa de la main qui descendait peu à peu le long de son échine, puis se tourna à nouveau vers la route, sans prêter attention à eux. Celui qui l'avait approchée vint se poster devant elle, les trois autres derrière.

- Viens, je t'offre un verre, lui murmura-t-il.
- J'ai pas le temps, et pas l'envie. Dégage.
- T'es belle, t'es bien foutue ; j'ai envie de toi.
- Je sais, dit-elle froidement.
- Comment ça, tu sais ? lui demanda-t-il, un peu étonné.
- T'es comme tous les autres. Maintenant, dégage.

___Il ne bougea pas pendant un instant, puis il se reprit très vite. Il fit signe aux autres, qui encerclèrent la jeune fille.

- N'importe quoi, rigola-t-elle.
- Tu vas vivre un enfer.

___« Je le vis déjà », pensa-t-elle. Elle ne dit rien, les observa juste. Ils se resserraient vers elle, lentement. Dangereusement.

- Faîtes ça, je vous brise, affirma-t-elle froidement.
- Toi, tu vas nous frapper ? s'amusa le brun.
- Non, pas comme ça. Je vais faire pire.

___Une lueur d'effroi traversa les yeux du jeune homme, puis il lui demanda :

- Et tu vas faire quoi, sale pute ?!
- Te briser. Tu n'auras plus d'amis, de famille. Tu seras seul. Tu as peur de la solitude, n'est-ce pas ? lui dit-elle, un rictus accroché à ses lèvres aux contours parfaits.
- Et comment tu peux faire ça, pétasse ?! s'exclama-t-il, visiblement énervé.
- J'ai des connaissances, des fréquentations, que tu n'as pas.
- Je m'en fous, affirma le brun.
- C'est ce que tu crois, dit-elle, assurée.
- Vas te faire foutre, sale chienne, beugla l'homme.
- Des insultes, toujours. Tu te sens rassuré en disant tout ça, hein ?
- Non, j'le pense ! C'est sincère, ça vient du c½ur ma belle ! ria-t-il.
- C'est ça.
- T'en as une belle paire, tu sais ! dit-il, l'air coquin, en regardant sa poitrine.
- Oui, je sais. En attendant, il y a quelqu'un qui m'attend.
- Ouais, c'est ça, viens par là ma belle...

___Le brun l'attira en un geste rapide contre lui, et enfouit sa main droite dans son décolleté. Il n'eut pas le temps de voir la gifle qu'il se prit.

- Ouah, t'en as prit une sévère mon vieux ! s'exclama un des autres, blond.
- Ta gueule, toi !
- Tu refais ça une fois, tu t'en souviendras toute ta vie, proféra la fille. J'y vais, il m'attend.
- Ah oui ? Et où ça, je ne vois personne, moi !
- En bas de la rue.

___Il regarda dans la direction indiquée, et vit un homme bien habillé, musclé, beau, mais surtout l'air énervé, sortir d'une élégante et très coûteuse voiture. Cet homme avançait vers eux. Vers elle. Le brun se retourna vers celle-ci et lui lâcha un « on se retrouvera, toi et moi », puis cracha à ses pieds. Elle s'en foutait. Elle ne bougea pas, jusqu'à ce que le nouveau venu lui demande :

- Il y a un problème avec eux, Lee ?
- Nan, c'est juste des petits fumiers.
- Viens, on y va.

___Ils se dirigèrent vers la voiture, et y pénétrèrent rapidement. Il faisait plus chaud à l'intérieur, mais elle ne remarqua même pas le changement de température, contrairement à l'autre qui démarra le véhicule en poussant un soupir d'apaisement. Pendant qu'il conduisait, il la regardait. Elle, non. Ses yeux fixaient la ville qui défilait, mais elle ne voyait pas les bâtisses plongées dans le noir. Elle était ailleurs.
___Une fois arrivés à destination, ils entrèrent dans un immense immeuble en plein centre ville, noir et brillant, éclairé par les lumières des réverbères, de la boîte de nuit proche et celles des boutiques. Elle commença à grimper les escaliers de cette démarche assurée qu'elle avait toujours, tandis que l'homme appuyait sur le bouton de l'ascenseur. Il soupira un « elle ne changera jamais » pendant qu'il s'engouffrait à l'intérieur. Seize étages plus haut, au dernier, il l'attendait. Elle arriva seulement deux minutes après lui.
___Ils étaient seuls, dans le salon, assis sur un canapé noir, devant la télévision. Les informations du soir. Il regardait chaque reportage avec attention, elle ne regardait pas. Ses yeux étaient dirigés vers l'écran, mais elle pensait à autre chose. Elle n'était pas là. Soudain elle se leva, se dirigeant vers la cuisine. Elle lui demanda s'il voulait boire quelque chose, il lui répondit que « oui, un fond de vodka lui dirait bien ». Elle en servit deux, puis se repositionna sur le canapé, à ses côtés. Très vite le journal du soir se termina, et il lui demanda :

- Qu'est-ce qu'il s'est passé toute à l'heure avec ces quatre gars ?
- Des petits cons. Enfin, surtout un. Les autres, je ne sais pas.
- Et qu'est-ce qu'il voulait ?
- Comme tous les autres.
- Ah...
- Il savait qui j'étais.
- Sans doute, Lee.

___Un silence vient ponctuer leur conversation pendant un moment. Ils burent leur boisson. Elle regardait la nuit au dehors. Elle était songeuse. Très songeuse. Elle se retourna vers lui.

- Evan, tout ça... Ce n'est que le début ? l'interrogea-t-elle.
- Ce n'est que le début. Tu as commencé depuis peu, tu sais.
- Je sais.
- La célébrité, c'est dur.
- Je suis forte, lui répondit-elle.

___Sur cette dernière phrase, elle alla s'allonger sur le lit. Seule. Elle pensait, encore. Ce n'était que le début... Et dans quelques mois, elle aurait dix-huit ans.
___Enfin elle serait libre, Delilah.




______________________________Prélude .




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# Posté le mardi 08 janvier 2008 12:46
Modifié le vendredi 03 juillet 2009 04:59

- Chapitre 1 -.Katty - The Fucking Neighbours

- Chapitre 1 -.Katty - The Fucking Neighbours
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___Elle était là, sur le seuil de la porte de cette petite maison ancienne. Eux étaient là, face à elle. Une femme, un homme. Soixante ans, sûrement. Une petite valise traînait sur le perron. Cela faisait longtemps qu'elle n'habitait plus ici, Delilah. Elle avait déjà presque tout emporté. Ou presque. Ils la regardaient étrangement. La femme l'embrassa, lentement. Comme une ultime fois. Delilah, elle, ne montrait aucun signe de tristesse. Elle avait toujours ce détachement de la réalité qui la caractérisait si bien. Elle les regardait, simplement. Et cela les déstabilisait. L'homme lui lâcha :

- Pourquoi tu reste là ? Tu ne devais pas partir ? Définitivement ? rajouta-t-il.
- Si.
- Tu es jeune, dit sa mère dans un souffle.
- J'ai grandi depuis longtemps. Tu le sais, pourtant.

La femme se tu. Oui, elle le savait. Malheureusement.

- Ne crées pas encore de problèmes. Tu as déjà fait assez de dégâts. Pars.
- Très bien.

___Elle saisit la valise, se retourna, et commença à marcher, sans un regard vers eux. Le vent faisait tournoyer quelques unes de ses mèches et soulevait sa veste noire. Elle dépassa une boulangerie puis accéléra le pas.
___Elle marchait, seule. Les gens se retournaient sur son passage. Sa beauté frappait et éclipsait tout le monde. Mais elle ne les regardait pas. Elle continuait sa route. A pied, comme d'habitude. Seuls les pavés et le goudron avaient droit à son regard sombre et profond. Elle avançait tout droit. Il faisait bon, pour un mois d'Avril. Mi-Avril. Le seize. Un jour important. Pour elle, seulement. Dix-huit ans, déjà. Enfin.
___Pendant dix minutes, elle marcha sans un mot. Plusieurs adolescents la reconnurent et lui demandèrent des autographes. Elle leur signa et leur fit son sourire avant de partir. Le sourire qu'on lui avait apprit. Qu'elle avait dû choisir il y a un an avec une professionnelle. Un sourire hypocrite. Celui qu'elle devait faire à chaque fois, à présent. Mais elle était habituée.
___Delilah était arrivée chez son ami. Petit ami. Dernier et seizième étage d'un grand immeuble. Elle déposa son manteau sur la première chaise à portée de main, puis se dirigea dans leur chambre. Evan était là, complètement étalé en plein milieu du lit. Ses yeux étaient fermés, il respirait anormalement. Elle s'allongea à ses côtés, puis déposa sur ses lèvres un court baiser. Il émit un son rauque, puis elle lui susurra :

- Je sais que tu ne dors pas.

Il se leva brusquement, puis lui répondit :

- C'est pas marrant, tu sais toujours tout, Lee.
- Je sais, répliqua-t-elle.

___A ces mots, il se mit à rire. Bruyamment. Delilah détestait quand il faisait ça. Elle réprima une grimace et se leva. Evan fit de même, puis se dirigea vers un recoin de la pièce, encore en caleçon. Les muscles biens dessinés. Il tira d'un sac un cadeau, qu'il lui tendit.

- Bon anniversaire, ma chérie.
- Merci, répondit-elle en attrapant le présent.

___Elle ouvrit le paquet et découvrit, sans surprise, une bague en or blanc ornée de diamants, avec en son centre, un joli saphir. D'un bleu à tomber par terre. Qu'est-ce qu'il était prévisible. Elle l'embrassa, lui souffla un merci puis lui sourit. Le même sourire qu'elle avait fait aux adolescents toute à l'heure. Oui, elle était contente. Qui ne le serait pas après ce cadeau ? Mais quelque chose subsistait entre eux. Comme d'habitude. Comme avec tout le monde. C'est ce qui éloignait Delilah des autres. Ce poison qui régnait en elle.

- Ca s'est bien passé, avec tes parents ? interrogea-t-il.
- Non, évidemment.
- Dommage.
- Peut-être, acheva-t-elle.

___Delilah partit ranger les dernières affaires qui étaient restées là-bas dans une armoire de leur chambre. Une paire de chaussures et quelques pulls. Elle retourna auprès d'Evan qui s'était rallongé sur le lit. Il glissa une main dans son dos et la fit basculer vers lui.

- Tu seras prête à huit heures trente, ma chérie ?
- Oui.

___Une fête. Il avait prévu une fête pour elle. Pour ses dix-huit ans. Il y aurait de ses amis à lui, qu'elle n'aimait pas trop, des gens célèbres, des gens riches, des gens importants. Des gens dont elle se fichait éperdument. Mais il y aurait June, son amie. Heureusement. Evan la ramena à la réalité en lui caressant les cheveux, puis l'embrassa.

- J'ai envie de toi, Lee.

___« Comme tous les autres », pensa-t-elle. Il continua à l'embrasser pendant quelques minutes, lui murmurant des « je t'aime » sans cesse.
Cette matinée là, il lui fit l'amour.
___Le soir, ils sortirent d'une limousine noire. Les flashs, les cris. Elle commençait à connaître. Ils se tenaient côte à côte. Delilah avançait de cette démarche assurée et sensuelle qu'elle avait tout le temps. Leurs deux gardes du corps se trouvaient près d'eux, mais ne servaient pas à grand-chose : des barrières entouraient le passage de la voiture à l'entrée de la boîte de nuit. Du monde se trouvait de l'autre côté des grillages. Des centaines de personnes. Qui criaient. Des adultes, peu d'enfants, des adolescents. Evan l'entraîna à l'intérieur de cette boîte. La plus connue, la plus chère, la plus belle. Celle qu'il avait choisi de louer ce soir-là à l'occasion de l'anniversaire de celle qu'il surnommait Lee. Sa Lee. La salle était grande, pour ne pas dire immense. Les lumières fusaient de partout. La musique était forte. La chaleur humaine était élevée. Les gens présents étaient nombreux. Ils lui souhaitèrent un « joyeux anniversaire » ; elle leur répondait par un « merci » habituel. Elle ne les connaissait pas.
___Delilah se posa dans un coin. Evan était partit discuter avec Aaron Collins, un célèbre producteur, avec qui il allait bientôt travailler sur un film important. Oui, Evan était acteur. Plutôt célèbre et très bien payé. Au bout d'une minute, un jeune homme qui devait avoir dix-neuf ans s'approcha d'elle. Des cheveux blonds, des yeux marrons.

- Pourquoi tu es toute seule ?
- J'avais envie.
- C'est bizarre que personne ne soit venu avec toi avant, dit-il.
- Je voulais être seule.

___Voyant qu'elle ne voulait pas de lui, il se releva, la salua et s'en alla. Quelques secondes après, une fille aux cheveux flamboyants vint s'installer sur le fauteuil à côté d'elle.

- Tu en as mit du temps, s'exclama Delilah.
- Désolée, je me suis faite belle, lui répondit l'autre.
- Heureusement que tu es là June, je m'emmerdais vraiment.

___La jolie rousse lui répondit par un sourire, puis elles partirent danser, sous l'½il admiratif des hommes présents.




______________________________Supplication .



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# Posté le jeudi 10 janvier 2008 17:14
Modifié le vendredi 03 juillet 2009 05:09

- Chapitre 2 -.Werewolf In Love - The Dodoz

- Chapitre 2 -.Werewolf In Love - The Dodoz
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___June, qui était particulièrement douée pour danser, tourna autour de quelques garçons, mais en restant toujours près Delilah. Cette dernière se fit aborder par un homme plus âgé qu'elle. Beaucoup plus âgé. Presque quarante ans. Il se rapprocha peu à peu alors qu'elle s'éloignait. Elle n'en avait rien à foutre de lui. Pourquoi persistait-il à vouloir se coller à elle ? La rousse remarqua son amie qui était en train de s'éloigner, s'écarta subitement des garçons avec qui elle dansait et se positionna près de la brune. June s'adressa à elle :

- Viens danser avec moi, et laisse ce gars.
- Avec grand plaisir June, il m'énerve !

___Les deux amies s'éloignèrent plus au centre de la piste et commencèrent à danser entre elles. La robe noire de Delilah bougeait au rythme de ses balancements de bassins. Quelques hommes se placèrent autour d'elles et les regardèrent bouches bée. Les lumières s'étalaient en rayons brillants sur les deux filles et les mettaient en valeur. Leur danse devenait peu à peu plus sensuelle et June prenait confiance. Elle avait toujours était derrière Delilah, et le vivait parfois mal. Mais ce soir, elle profitait de cet instant où tous les yeux se tournaient vers elles. La brune se mit dos à son amie et commença à descendre avec volupté contre June. Quand elle remonta, elle s'aperçut que tous les observaient maintenant. Les femmes semblaient septiques ou jalouses ; les hommes avaient cet air de manque intense et ouvraient de grands yeux. Quelques uns tentèrent de s'approcher des deux filles, mais ces dernières les repoussèrent vite. Elles monopolisaient l'attention ; elles aimaient ça.
___Au bout de deux minutes, la foule se brisa soudainement et laissa apparaître le petit ami de Delilah, furieux. Elles stoppèrent alors leur danse et dévisagèrent Evan qui tenait dans sa main droite un appareil photo numérique. Il le lança brutalement sur le sol et celui-ci se démantela sous le choc. Il commença à pousser violemment un homme assez petit, qui tomba brutalement. June ne comprenait pas ce qui se passait. Delilah, si. L'homme avait prit des photos d'elles en train de danser. Evan n'avait sûrement pas voulu que ces photos soient publiées. Elle s'avança rapidement vers les deux autres qui se battaient à présent. Evan, qui était beaucoup plus fort, avait évidemment le dessus. Elle saisit son bras, et il s'arrêta net, tournant son beau visage déformé par la fureur vers elle. Elle le regarda, il lâcha l'autre, qui s'écroula par terre. Quelques flashs vinrent subitement réveiller leurs pupilles. Tout s'enchaîna très rapidement. La fuite, leurs pas précipités, la musique qui se stoppa, les cris de toutes les personnes présentes dans la salle, la sortie qu'ils empruntèrent tous les trois, la montée dans la limousine. Delilah le regardait d'un air dégoûté.

- Qu'est-ce qu'il t'a prit de te battre avec cet homme ?!
- Il prenait des photos de vous deux en train de danser érotiquement, cracha-t-il, en pointant les deux amies du doigt.
- Erotiquement ? Tu te fous de moi ?! rétorqua sa petite amie.
- Non, pas du tout ! Maintenant que tu es célèbre, Lee, il faudrait que tu fasses plus attention !
- Tu es jaloux. Et je fais ce qu'il me plaît, assura-t-elle.
- Tu verras, fais ça encore une fois, et tu es foutue !
- Possible, dit-elle, le visage neutre. Tu ne m'as pas contredit, quand j'ai dit que tu étais jaloux, remarqua-t-elle.

___Evan ne répondit rien, et détourna son regard de celle qu'il aimait tant. Elle, elle souriait à son amie.
___June était rentrée chez elle. Seule. Le chauffeur avait raccompagné les deux autres devant leur grand immeuble sombre. Glacial. Comme d'habitude, il avait prit l'ascenseur, et avait soupiré en voyant Delilah monter les seize étages. Mais arrivé en haut, il ne l'avait pas attendue comme il le faisait en temps normal. Il était rentré et avait refermé la porte de leur appartement derrière lui. Il s'était déshabillé, restant simplement en boxer, avant de s'allonger dans son lit. Sa Lee était vraiment dure à contrôler. Comme le temps, qui passait trop vite à son goût. Dans quelques temps, il ne serait plus bon qu'à faire de petits feuilletons télévisés, il serait trop vieux. Alors que Delilah, elle, serait au point culminant de sa carrière. Belle, admirée de tous, riche, célèbre. Elle ne voudrait sûrement plus de lui. Mais malgré ces douze années d'écart entre eux, il l'aimait. Oh oui, il l'aimait. Elle était tout pour lui. Il aimait son intelligence, sa beauté, sa voix, ses traits fins, son caractère. Insaisissable. Incompréhensible. Agissant comme elle le voulait, à chaque fois. Mystérieuse. Et puis, il se rappelait. Quand il l'avait trouvée, seule, devant la maison de ses parents, discutant avec quelques personnes plus âgées qu'elle. Il était tout de suite tombé sous son charme. Elle en imposait. Même à treize ans. Elle éclipsait tous les autres, on ne voyait qu'elle. Il avait attendu. Attendu qu'elle rentre chez elle. Puis il avait suivit le plus âgé des garçons, et l'avait interpellé. « Qui-est-ce, cette fille, avec qui vous discutiez » avait-il demandé. Le jeune homme, qui devait avoir dix-sept ans, lui avait répondu qu'elle s'appelait Delilah. Qu'elle aimait la fête. Qu'elle aimait être remarquée. Que personne ne la connaissait réellement. Que tous les garçons voulaient se la faire. Qu'elle avait sauté quatre classes. Qu'elle ne ressemblait à aucune autre. Qu'elle n'avait aucun vrai ami, ni amie. Mais que celle qui la connaissait le mieux, c'était quand même une certaine June, une rousse. Que cette fille, elle avait trois ans de plus que Delilah. Mais surtout, il lui avait dit qu'elle était fugace, insolente, renfermée, impénétrable, étrange. Exceptionnelle. Il avait dit ça comme s'il s'était trouvé dans une sorte de transe.
Un discret bruit de porte le tira de ses pensées, et lui indiqua qu'elle était rentrée. Elle. Son c½ur se mit à battre plus vite. Allait-elle le rejoindre, malgré ce qui s'était passé ce soir, le jour même de son anniversaire ?
___Non. Elle déposa son manteau, et se déshabilla à son tour. Delilah dénicha une fine couette dans un tiroir. Il ne faisait pas vraiment froid. Avril avait laissé la chaleur se faire un peu de place. Il faisait plutôt bon. Alors elle entrouvrit la fenêtre, et se coucha sur le canapé, dans le salon, s'enroulant dans la couverture. Pourquoi Evan voulait-il sans arrêt tout contrôler ? Pourquoi s'immisçait-il sans cesse dans sa vie ? Pourquoi ne la laissait-il pas tranquille ? Elle se retourna, observant l'ombre des plantes du balcon s'agiter sur le mur gris du séjour. Delilah ferma les yeux, fatiguée. Elle n'était pas souvent fatiguée, non. Mais aujourd'hui, elle ressentait comme une brèche se creuser peu à peu en elle, l'affaiblissant. Elle soupira. Cela faisait cinq ans qu'il l'aidait. Il l'avait révélée au monde du cinéma, elle aussi. Dès ses débuts, beaucoup de réalisateurs l'avait remarquée, l'avait qualifiée d' « unique », d' « exception » et de « prodigieuse ». C'est vrai que jouer la comédie, c'est ce qu'elle savait le mieux faire. Mentir à tout le monde, les tromper. Se mentir. Se tromper. S'oublier...
___Seule. Assise dans cette cabine d'une grande roue. Elle tourne, doucement. L'emmenant vers les astres aveuglant. Elle monte vers le ciel étoilé, approche du point culminant. La machine s'arrête. Le monde se tait soudain. Dans un murmure, les étoiles s'entrechoquent et elle écoute ce bruit. Seule, comme d'habitude. Il n'y a plus personne à terre. Ces petites fourmis se sont envolées. Vers un monde d'enfer. Seule. En haut des autres, en haut de tout. Elle domine le monde. Elle domine la nuit. Et ce cri lui revient, écorche son âme. Sa tête se fend en deux. Elle n'en peut plus. Pourquoi ce cri ne cesse-t-il pas ? Le temps se gèle. Devant elle. Autour d'elle. Elle n'est plus là. Elle est là-bas. Avec lui. Avec ce cri. Les larmes l'inondent. Le présent s'écroule. Son corps bouge, s'étire une dernière fois. Puis saute.
Elle se sent partir en haut. Le murmure des étoiles se rapproche. Mais si elle a sauté, elle devrait rejoindre la terre, non ? Mais elle monte, doucement. Que cesse ce cri. Elle est à blâmer, elle le sait. Elle demande pardon. Que cesse son cri. Mais il est trop tard pour s'excuser, elle le sait. Que cesse son cri. Et dans une dernière danse, son corps part s'accrocher au milieu de cette toile scintillante. Les étoiles transpercent son c½ur, achèvent ce cri.
___Delilah sursauta, se réveillant. Les gouttes de sueur perlaient le long de son échine. Elle les sentait. Elle entendait encore ce cri, son cri. Une larme coula le long de sa joue droite, la brûlant. De son index, elle la fit disparaître, tel un mauvais rêve. Cela faisait plus de six ans que ces mêmes images la traversaient plusieurs fois par an. Ce ciel, cette grande roue, ces étoiles, ce cri. Son cri. Elle souffla, épuisée. Cela ne cesserait jamais. Elle se rallongea doucement, puis ferma les yeux. Elle l'entendait encore, comme un écho.
___Et elle revoyait le sang.



______________________________Spéculation .







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# Posté le mercredi 23 janvier 2008 12:18
Modifié le vendredi 03 juillet 2009 05:26

- Chapitre 3 -. Autumn - Paolo Nutini

- Chapitre 3 -.        Autumn - Paolo Nutini
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___Trois mois s'étaient écoulés depuis que Delilah avait « fêté » ses dix-huit ans. Les choses étaient allées en se dégradant. Elle sortait souvent, buvait trop. Et oubliait peu à peu Evan dans sa chute. Lui, il restait dans son appartement, assistant seulement à l'identique et affreux spectacle chaque soir, quand elle rentrait tard. Comme cette nuit. Elle riait, mais seulement quand elle avait bu. Comme ce soir. Evan assistait à cette scène, horrifié. Mais il oubliait tout après, fermant les yeux sur ses erreurs. Comme il le faisait à chaque fois.

- C'était bien ? lui demanda-t-il.
- Super !
- T'es allée où ?
- Dans une boîte dont je ne me souviens même plus le nom ! affirma Delilah avant d'exploser de rire.

Il soupira, puis s'approcha d'elle, lui prenant les mains.

- Je n'aime pas te voir dans cet état.
- Hum, bredouilla-t-elle.
- Lee, dans trois jours, il y a la cérémonie des oscars. Tu devrais arrêter cette comédie, tu ne crois pas ?
- Et toi, tu ne me connais pas encore assez pour savoir que je me fous de savoir comment les autres me voient ?! s'indigna-t-elle.
- Sois un peu responsable !
- Tu m'étouffe ! cria la brune.
- Tu me rends fou !
- C'est parce que tu ne sais pas vivre sans moi !
- Non, non, non ! s'exclama Evan. Bien sûr que non ! Tu sais que je n'y arrive pas, sans toi. Quand je te vois partir draguer le premier venu ! Tu es comme ça, Lee ! Et moi, je voudrais que tu ne sois qu'à moi !
- Sale égoïste, cracha-t-elle.
- Il n'y a qu'avec toi que je le suis.
- Et moi je n'en peux plus que tu contrôle toute ma vie, de quelles fringues je dois porter à qui je dois parler ! hurla Delilah.

___Il se tut, fermant les yeux. Assimilant cette accusation. Comment pouvait-elle dire ça ?! Il faisait ça pour elle. La colère bouillonnait en lui, l'assommant et l'emportant soudainement. Il se retourna et frappa de son poing dans le mur qui en trembla violemment. Evan reçut la douleur comme une claque, sa main serrée toujours enfoncée dans la cloison.

- Sors ! hurla-t-il.
- Très bien, répondit-t-elle froidement, le regardant avec dégoût.

___Sans rien emporter, elle se glissa derrière la porte d'entrée et descendit l'escalier avec lenteur, posant chacun de ses pieds chaussés d'escarpins noirs très élégants avec douceur sur les marches de pierre blanche.
___Delilah se trouvait dans une limousine sombre, avec un homme sûrement un peu plus âgé qu'elle. Vingt-cinq ans, peut-être. Il parlait, parlait, sans s'arrêter. Mais elle n'écoutait pas. Cet homme-là comblait juste un fin éclat de l'immense trou qui avait commencé à se creuser en elle depuis longtemps déjà. Elle ne le connaissait pas, mais il était là, rien que pour elle. Et Delilah en avait besoin. Les lèvres du blond remuaient sans cesse, débitant chaque parole avec habilité, pour une femme qui n'en avait que faire. Oh, elle n'aimait pas vraiment les blonds. Mais en cet instant, la couleur de ses cheveux, elle n'en avait strictement rien à foutre. Elle pensait seulement. A Evan, à ce qui leur arrivait, à la cérémonie qui approchait, à sa nomination, à ce qu'elle deviendrait, à ce qu'elle avait été. A un peu tout à la fois dans son esprit confus. Pourquoi Evan voulait-il toujours la contrôler ? Elle en avait plus que marre aujourd'hui. Leur amour s'effondrait peu à peu, et elle le savait. Leur célébrité commune au cinéma n'avait rien arrangé. Au début, quand le grand public ne la connaissait pas, alors que son fiancé était très célèbre, les médias disaient que leur relation était perverse, qu'Evan ne la voulait que pour s'amuser, car il était bien plus vieux qu'elle. Mais leur amour avait duré au fil des années, et son talent s'était terriblement accrut. Et aujourd'hui, quand les médias qualifiaient leur passion de « merveilleuse », tout se passait mal pour eux. Elle soupira, détournant son regard de cet homme dont elle ne savait rien. Seulement qu'il était le fils d'un homme multimillionnaire qui travaillait dans l'industrie du disque. Ce dernier se tut, voyant que celle qu'il désirait ne l'écoutait pas. Ce silence soudain la perturba, et elle se retourna vers lui.

- Demande à ton chauffeur de nous laisser tranquilles.

___L'homme fit un signe à son chauffeur, qui fit remonter des vitres teintées entre l'arrière de la limousine et la partie du conducteur, ne permettant plus à ce dernier de les voir. Delilah s'approcha de l'héritier, et l'embrassa ardemment, puis se retira, laissant à l'autre tout le temps de regretter la saveur de ce baiser auquel elle avait déjà donné fin. Il la tira lentement vers lui, puis embrassa ses lèvres avec passion. Il les effleura ensuite avec sa langue, se faufilant ainsi dans sa bouche.
___Elle était sortie de la voiture, laissant cet homme écroulé dans l'immense voiture. « Il a pas dû prendre autant son pied depuis un bout de temps, ce con », se dit Delilah. Elle continua sa route, errant au grès de ses envies dans la ville illuminée. Elle ne voulait pas rentrer. Elle ne voulait pas subir encore un regard haineux d'Evan. Elle ne supporterait pas, et elle le savait.
___Au bout d'une heure de déambulation silencieuse, elle se retrouva dans une allée. Etroite, sombre, suffocante. Elle se laissa aller contre la paroi sale d'un vieil immeuble, lâchant de sa main droite son sac, qui tomba sur le sol avec un bruit feutré. Comment avait-elle pu ? Faire ça. Baiser avec cet inconnu. Elle s'en voulait. Bien trop pour que cela fut supportable. Delilah savait. Elle savait que ce qu'elle avait fait, c'était dans le seul but de se venger. Se venger de la possession incessante qu'avait Evan sur elle. Mais cet acte l'avait plus achevée qu'il ne ferait de mal à son fiancé. Les regrets faisaient déjà leur apparition en elle, et Delilah savait que les faire disparaître mettrait un temps considérable. Elle se laissa peu à peu glisser contre ce mur, pour finir assise, les genoux allant à l'encontre de sa poitrine. Elle fixait du regard une affiche arrachée, en face, mais elle n'y songeait pas. Comment avait-elle pu ? Elle ne savait si elle devait le dire à Evan. Trahir ce silence mettrait sûrement un point final à leur relation déjà écorchée. Il n'avait jamais été celui qu'elle attendait. Celui qui ne serait pas dépendant d'elle, mais dont elle serait dépendante. Delilah avait toujours été celle qui écoutait, qui conseillait, qui n'avait besoin de personne, mais dont tout le monde avait besoin. Aujourd'hui ce cri, ce secret l'avait consumée lentement, et chaque pas qu'elle faisait la conduisait un peu plus bas. Elle n'en pouvait plus. Elle avait besoin de quelqu'un. Enfin.

___Evan était prêt depuis plus d'une demi-heure, et attendait patiemment Delilah qui finissait de chausser ses escarpins rouges, mariés à la couleur coquelicot des rubis de son collier, de ses bracelets et de sa bague qu'elle portait à la main droite. Elle s'était aussi vêtue d'une élégante robe noire qui lui arrivait au-dessus des genoux, et dont la partie inférieure était plissée.

- Tu es prête ? lui demanda Evan.
- Oui, c'est bon.
- Tu es magnifique.
- Merci, répliqua-t-elle avant d'ajouter : Toi aussi.

___Il lui répondit par un sourire, puis ils quittèrent l'immeuble pour monter dans une flamboyante Cadillac blanche qui les conduisit en une heure à leur point d'arrivée. Avant de sortir, il lui demanda :

- J'espère que tu vas gagner, cette fois.
- Oui. Toi aussi.
- Oh, moi, je ne pense pas. Tu as vu qui est en course contre moi pour le meilleur second rôle masculin ? Ce serait vraiment incroyable que je gagne.
- Ce serait bien.
- En effet, dit-il, un sourire aux lèvres. En attendant, toi tu vas le gagner cet Oscar de la meilleure actrice !
- Pourquoi en es-tu si sûr ?
- Les autres ne font pas le poids.

___Un sourire vint orner le visage de Delilah, puis ils sortirent rapidement de la voiture, se dirigeant vers l'entrée principale, où un long tapis rouge traçait un passage pour les célébrités présentes lors de la cérémonie. Elle s'était toujours demandé pourquoi rouge. En tous cas, cela allait parfaitement avec ses habits. Elle s'avança le long de ce tapis, suivit d'Evan. Les flashs ne cessaient pas durant leur parcours. Ils demandèrent des photos d'elle en compagnie d'autres célébrités, qu'elle accepta, tandis qu'Evan était devenu inintéressant pour eux. Au moins, il se sentait tranquille. Mais dans un sens, toute cette agitation autour de sa fiancée le laissait quelque peu envieux. Quelques personnes vinrent poser des questions à Delilah et aux autres, puis un journaliste s'intéressa enfin à Evan. Il s'en approcha rapidement, une caméra le suivant.

- Votre soirée débute bien ?
- Oui, oui, répondit-il tout en souriant.
- Pensez-vous gagner ce soir ?
- Non, évidemment. La concurrence est rude !
- Oui. Heu... Et concernant votre petite amie, Delilah Ellins ?
- Elle gagnera, c'est sûr ! affirma Evan, tout sourire.
- Êtes-vous au courant de ce qui se dit en ce moment à propos d'elle ?
- Comment ça ?
- Votre fiancée aurait couché avec John Couard, le célèbre héritier de Matthew Couard !

___Evan ne répondit rien. Il avait perdu son sourire et regardait ce journaliste, ébahi.





______________________________Trahison .






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# Posté le mercredi 30 janvier 2008 11:33
Modifié le samedi 04 juillet 2009 09:06