.Toutes les photos sont de moi .
Merci de respecter.
=)
Voilà pour vous, un avant - goût .
___Il faisait nuit. La neige était tombée. Elle était là, debout sur un trottoir de cette ville immense. Eux, ils la regardaient, ils l'observaient ; s'arrêtant devant cette fille, seule, qui attendait quelque chose, ou quelqu'un peut-être. Cette fille aux cheveux aussi noirs que la nuit elle-même, cette fille à la beauté sidérante et insolente, cette fille qu'ils ne connaissaient qu'en photographies. Ils l'avaient vue, souvent, mais pas d'aussi près, pas en vrai. Ils savaient beaucoup de choses sur elle ; elle ne savait même pas qu'ils existaient avant cet instant. L'un, donnant un coup de coude à un autre, lui souffla quelques mots dans l'oreille, puis aux deux autres. Ils s'approchèrent silencieusement d'elle, puis le premier attrapa son bras. Elle fit volte-face, et souri. Eux aussi, ils devaient savoir qui elle était. Sûrement. Il descendit sa main au niveau de sa hanche, puis lui souffla au creux de son oreille une bribe de phrases. Des mots charmeurs, des mots choisis avec précision. Elle avait l'habitude de se faire aborder, maintenant. En un instant, elle se débarrassa de la main qui descendait peu à peu le long de son échine, puis se tourna à nouveau vers la route, sans prêter attention à eux. Celui qui l'avait approchée vint se poster devant elle, les trois autres derrière.
- Viens, je t'offre un verre, lui murmura-t-il.
- J'ai pas le temps, et pas l'envie. Dégage.
- T'es belle, t'es bien foutue ; j'ai envie de toi.
- Je sais, dit-elle froidement.
- Comment ça, tu sais ? lui demanda-t-il, un peu étonné.
- T'es comme tous les autres. Maintenant, dégage.
___Il ne bougea pas pendant un instant, puis il se reprit très vite. Il fit signe aux autres, qui encerclèrent la jeune fille.
- N'importe quoi, rigola-t-elle.
- Tu vas vivre un enfer.
___« Je le vis déjà », pensa-t-elle. Elle ne dit rien, les observa juste. Ils se resserraient vers elle, lentement. Dangereusement.
- Faîtes ça, je vous brise, affirma-t-elle froidement.
- Toi, tu vas nous frapper ? s'amusa le brun.
- Non, pas comme ça. Je vais faire pire.
___Une lueur d'effroi traversa les yeux du jeune homme, puis il lui demanda :
- Et tu vas faire quoi, sale pute ?!
- Te briser. Tu n'auras plus d'amis, de famille. Tu seras seul. Tu as peur de la solitude, n'est-ce pas ? lui dit-elle, un rictus accroché à ses lèvres aux contours parfaits.
- Et comment tu peux faire ça, pétasse ?! s'exclama-t-il, visiblement énervé.
- J'ai des connaissances, des fréquentations, que tu n'as pas.
- Je m'en fous, affirma le brun.
- C'est ce que tu crois, dit-elle, assurée.
- Vas te faire foutre, sale chienne, beugla l'homme.
- Des insultes, toujours. Tu te sens rassuré en disant tout ça, hein ?
- Non, j'le pense ! C'est sincère, ça vient du c½ur ma belle ! ria-t-il.
- C'est ça.
- T'en as une belle paire, tu sais ! dit-il, l'air coquin, en regardant sa poitrine.
- Oui, je sais. En attendant, il y a quelqu'un qui m'attend.
- Ouais, c'est ça, viens par là ma belle...
___Le brun l'attira en un geste rapide contre lui, et enfouit sa main droite dans son décolleté. Il n'eut pas le temps de voir la gifle qu'il se prit.
- Ouah, t'en as prit une sévère mon vieux ! s'exclama un des autres, blond.
- Ta gueule, toi !
- Tu refais ça une fois, tu t'en souviendras toute ta vie, proféra la fille. J'y vais, il m'attend.
- Ah oui ? Et où ça, je ne vois personne, moi !
- En bas de la rue.
___Il regarda dans la direction indiquée, et vit un homme bien habillé, musclé, beau, mais surtout l'air énervé, sortir d'une élégante et très coûteuse voiture. Cet homme avançait vers eux. Vers elle. Le brun se retourna vers celle-ci et lui lâcha un « on se retrouvera, toi et moi », puis cracha à ses pieds. Elle s'en foutait. Elle ne bougea pas, jusqu'à ce que le nouveau venu lui demande :
- Il y a un problème avec eux, Lee ?
- Nan, c'est juste des petits fumiers.
- Viens, on y va.
___Ils se dirigèrent vers la voiture, et y pénétrèrent rapidement. Il faisait plus chaud à l'intérieur, mais elle ne remarqua même pas le changement de température, contrairement à l'autre qui démarra le véhicule en poussant un soupir d'apaisement. Pendant qu'il conduisait, il la regardait. Elle, non. Ses yeux fixaient la ville qui défilait, mais elle ne voyait pas les bâtisses plongées dans le noir. Elle était ailleurs.
___Une fois arrivés à destination, ils entrèrent dans un immense immeuble en plein centre ville, noir et brillant, éclairé par les lumières des réverbères, de la boîte de nuit proche et celles des boutiques. Elle commença à grimper les escaliers de cette démarche assurée qu'elle avait toujours, tandis que l'homme appuyait sur le bouton de l'ascenseur. Il soupira un « elle ne changera jamais » pendant qu'il s'engouffrait à l'intérieur. Seize étages plus haut, au dernier, il l'attendait. Elle arriva seulement deux minutes après lui.
___Ils étaient seuls, dans le salon, assis sur un canapé noir, devant la télévision. Les informations du soir. Il regardait chaque reportage avec attention, elle ne regardait pas. Ses yeux étaient dirigés vers l'écran, mais elle pensait à autre chose. Elle n'était pas là. Soudain elle se leva, se dirigeant vers la cuisine. Elle lui demanda s'il voulait boire quelque chose, il lui répondit que « oui, un fond de vodka lui dirait bien ». Elle en servit deux, puis se repositionna sur le canapé, à ses côtés. Très vite le journal du soir se termina, et il lui demanda :
- Qu'est-ce qu'il s'est passé toute à l'heure avec ces quatre gars ?
- Des petits cons. Enfin, surtout un. Les autres, je ne sais pas.
- Et qu'est-ce qu'il voulait ?
- Comme tous les autres.
- Ah...
- Il savait qui j'étais.
- Sans doute, Lee.
___Un silence vient ponctuer leur conversation pendant un moment. Ils burent leur boisson. Elle regardait la nuit au dehors. Elle était songeuse. Très songeuse. Elle se retourna vers lui.
- Evan, tout ça... Ce n'est que le début ? l'interrogea-t-elle.
- Ce n'est que le début. Tu as commencé depuis peu, tu sais.
- Je sais.
- La célébrité, c'est dur.
- Je suis forte, lui répondit-elle.
___Sur cette dernière phrase, elle alla s'allonger sur le lit. Seule. Elle pensait, encore. Ce n'était que le début... Et dans quelques mois, elle aurait dix-huit ans.
___Enfin elle serait libre,
Delilah.
______________________________Prélude .
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